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Microplastiques dans la cosmétique : les reconnaître et les éviter

Billes exfoliantes, films invisibles, paillettes : les microplastiques sont partout dans nos cosmétiques. Voici ce qu'ils sont, leurs impacts, où en est la réglementation, et comment les repérer sur l'étiquette.

Par Adrien Savoyat Publié le 24 juin 2026 Mis à jour juin 2026 Lecture 7 min

Qu'est-ce qu'un microplastique en cosmétique ?

Un microplastique est une microparticule de polymère synthétique, solide, insoluble dans l'eau et non biodégradable, dont la taille ne dépasse pas cinq millimètres et descend jusqu'à quelques nanomètres. En cosmétique, ces microparticules de polymères synthétiques sont ajoutées intentionnellement aux produits par les fabricants pour leur donner une propriété précise.

Contrairement aux microplastiques issus de la dégradation de déchets plastiques dans l'environnement, ceux des cosmétiques sont fabriqués et incorporés à dessein. C'est cette utilisation des microplastiques « volontaire » que la réglementation cible en priorité.

Microbilles solides ou plastiques liquides

On distingue deux familles. Les microplastiques solides, les fameuses microbilles, servaient d'agents exfoliants dans les gommages. Les plastiques dits liquides ou semi-solides sont plus discrets : ce sont des polymères qui modifient la texture, fixent la coiffure ou créent un effet de lissage. Leurs propriétés physiques modifiées les rendent pratiques, mais les deux familles posent le même problème environnemental.

Pourquoi en trouve-t-on dans les cosmétiques ?

Les microplastiques sont peu coûteux, stables et polyvalents : voilà pourquoi leur utilisation s'est généralisée. Les fabricants les emploient pour exfolier, épaissir ou stabiliser une émulsion, créer un effet film « bonne mine » ou « lissant », assurer la tenue d'un maquillage, ou encore pour les paillettes décoratives.

Le problème : ces polymères améliorent la sensorialité et le rendu du produit, mais n'apportent aucun bénéfice réel à la peau. Ce sont des ingrédients de confort de formulation, pas de soin.

Dans quels produits se cachent-ils ?

On retrouve des microplastiques dans une grande variété de produits cosmétiques : gels douche, gommages, shampoings et gels coiffants, crèmes hydratantes, fonds de teint, maquillage, produits à lèvres et à ongles, voire certains dentifrices.

Les produits rincés (gommages, gels douche) ont longtemps concentré les microbilles. Mais les produits non rincés en contiennent aussi, sous forme de polymères filmogènes. Un même produit peut d'ailleurs cumuler plusieurs polymères synthétiques différents.

Comment les repérer sur l'étiquette (INCI) ?

La seule façon fiable de savoir si un cosmétique contient des microplastiques est de lire la liste INCI au dos du produit. Plusieurs noms trahissent la présence de microparticules de polymères synthétiques.

Nom INCIRôle fréquent
Polyethylene (PE)Microbilles, texture
Polypropylene (PP)Texture, charge
Nylon-6, Nylon-12Effet poudré, matité
Acrylates Copolymer / CrosspolymerFilm, tenue, fixation
PolyurethaneFilm, vernis
PEG- / PPG-Texture, émulsion (débattu)
CarbomerGélifiant (débattu)
Quelques noms INCI fréquemment associés aux microplastiques (liste non exhaustive).

Des applications et bases de données permettent aussi de scanner la composition. Mais en cas de doute, le repère le plus simple reste une formule courte et lisible : moins il y a d'ingrédients, moins il y a de place pour des polymères inutiles.

Les silicones sont-ils des microplastiques ?

Les silicones (Dimethicone, Cyclopentasiloxane…) sont des polymères synthétiques, mais ils ne répondent pas toujours à la définition réglementaire stricte du microplastique. Le débat reste ouvert : certains sont persistants et préoccupants pour l'environnement, ce qui pousse de nombreuses marques à les éviter par précaution.

Quels sont les dangers des microplastiques ?

Pour l'environnement

Une fois rincés, les microplastiques rejoignent les eaux usées. Beaucoup échappent aux stations d'épuration et finissent dans les rivières, les lacs et les océans, où ils persistent pendant des siècles avant de se décomposer. Ils s'accumulent dans la faune marine et remontent la chaîne alimentaire : c'est l'un des principaux impacts environnementaux pointés du doigt.

Pour la santé humaine

Côté santé humaine, les connaissances sont encore en construction. Les microparticules pourraient interagir avec la barrière cutanée, et certains additifs associés aux plastiques sont suspectés d'effets perturbateurs. La prudence s'impose, mais soyons honnêtes : la recherche n'a pas encore tranché tous les effets à long terme.

La peau n'a jamais eu besoin de polymères. Elle reconnaît les matières que nos ancêtres utilisaient déjà.

Que dit la réglementation (France et Europe) ?

La réglementation se durcit. En France, les microbilles plastiques sont interdites dans les cosmétiques rincés exfoliants et nettoyants depuis le 1er janvier 2018.

À l'échelle européenne, le Règlement (UE) 2023/2055 du 25 septembre 2023 modifie l'annexe XVII du règlement REACH pour restreindre les microplastiques ajoutés intentionnellement. L'ECHA, l'Agence européenne des produits chimiques, pilote ce dossier. Les microbilles des produits rincés sont déjà interdites ; pour les autres usages (produits non rincés, maquillage, produits à lèvres et à ongles), des périodes de transition s'échelonnent jusqu'en 2035, parfois assorties d'un étiquetage spécifique ou d'instructions d'utilisation et d'élimination. L'objectif : réduire l'impact environnemental tout en laissant aux entreprises le temps de reformuler.

Comment les éviter dans sa routine ?

Quelques réflexes simples suffisent à limiter les microplastiques dans ses achats cosmétiques :

  • Lire l'INCI et fuir Polyethylene, Nylon, Acrylates Copolymer, PEG et autres polymères.
  • Privilégier les formules courtes : la sobriété d'une composition est le meilleur indice.
  • Se tourner vers une cosmétique naturelle ou bio, et vers des marques transparentes sur leur engagement de développement durable.
  • Préférer, quand c'est possible, des textures issues de matières naturelles (huiles, cires, beurres) plutôt que de plastiques — c'est le parti pris de notre baume sans plastique ni microplastique.
La conviction ADEPSIA

Zéro polymère, des matières que la peau reconnaît

Chez ADEPSIA, nous avons fait le choix d'une formule courte, sans microplastiques ni polymères synthétiques. Là où l'industrie ajoute des plastiques pour la texture, nous nous appuyons sur des matières ancestrales que la peau reconnaît : le suif de bœuf purifié, la cire, les huiles végétales.

Moins d'ingrédients, rien de superflu, et aucun plastique rincé vers les océans. La cosmétique d'avant les microplastiques, tout simplement.

Découvrir le baume au suif de bœuf et rejoindre la liste d'attente

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis professionnel. La réglementation sur les microplastiques évolue : vérifiez toujours les textes officiels en vigueur (ECHA, Règlement UE 2023/2055) pour les dates et obligations précises.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un microplastique en cosmétique ?
C'est une microparticule de polymère synthétique, solide, insoluble dans l'eau et non biodégradable, dont la taille ne dépasse pas cinq millimètres. En cosmétique, ces microparticules sont ajoutées intentionnellement aux produits par les fabricants pour exfolier, texturer ou créer un effet film.
Les silicones sont-ils des microplastiques ?
Les silicones sont des polymères synthétiques, mais ne répondent pas toujours à la définition réglementaire stricte du microplastique. Le débat reste ouvert : certains sont persistants et préoccupants pour l'environnement, ce qui pousse de nombreuses marques à les éviter par précaution.
Comment savoir si un cosmétique contient des microplastiques ?
En lisant la liste INCI au dos du produit. Plusieurs noms trahissent des microparticules de polymères synthétiques : Polyethylene, Polypropylene, Nylon-6, Nylon-12, Acrylates Copolymer, Polyurethane, ou encore les PEG. En cas de doute, une formule courte et lisible reste le meilleur repère.
Les microplastiques cosmétiques sont-ils dangereux pour la santé ?
Les connaissances sont encore en construction. Les microparticules pourraient interagir avec la barrière cutanée et certains additifs associés aux plastiques sont suspectés d'effets perturbateurs. La prudence s'impose, mais la recherche n'a pas encore tranché tous les effets sur la santé humaine à long terme.
Où en est l'interdiction en France et en Europe ?
En France, les microbilles plastiques sont interdites dans les cosmétiques rincés exfoliants et nettoyants depuis 2018. En Europe, le Règlement (UE) 2023/2055 modifie l'annexe XVII de REACH pour restreindre les microplastiques ajoutés intentionnellement ; les périodes de transition s'échelonnent selon le type de produit jusqu'en 2035.
Quelles alternatives pour éviter les microplastiques ?
Privilégier les formules courtes, la cosmétique naturelle ou bio, et des matières d'origine naturelle (huiles, cires, beurres) plutôt que des polymères. Lire l'INCI et choisir des marques transparentes sur leur engagement de développement durable reste la meilleure approche.
AS

Adrien Savoyat

Fondateur · ADEPSIA

Fondateur d'ADEPSIA, passionné de cosmétique ancestrale et de soins biomimétiques. Adrien explore les matières lipidiques traditionnelles et leur place dans une routine de soin sobre et lisible.

LinkedIn : linkedin.com/in/adrien-savoyat

Sources
  1. Règlement (UE) 2023/2055 de la Commission du 25 septembre 2023 modifiant l'annexe XVII du règlement REACH (microplastiques ajoutés intentionnellement).
  2. ECHA, Agence européenne des produits chimiques, restriction sur les microplastiques en cosmétique.
  3. ANSES, travaux et avis sur les microplastiques et la santé humaine.
  4. France, interdiction des microbilles plastiques dans les cosmétiques rincés (en vigueur depuis le 1er janvier 2018).